11.01.2010
Allez les filles
"Bliss", c'est la félicité, ou le plus court chemin vers l'épanouissement et l'émancipation. Bliss (Ellen Page)c'est surtout une fille qui est empêchée de vivre sa vie comme elle l'entend, par sa mère qui veut la modeler à son image (une mère de famille modèle nostalgique de année 50)et qui ne jure que par les concours de beauté), entravée aussi par la pression sociale qu'exerce sur elle la vie dans une petite ville du Texas. Mais la grande ville n'est pas loin et son déluge de délices aussi interdits que libérateurs. Mais Bliss ne tardera pas à se réaliser et à se réveler à elle même et aux autres grâce au Roller Derby, un sport exaltant, brutal et néanmoins sexy.
Le premier film de Drew Barrymore est une ode à la liberté. Celle de femmes de Bodeen qui, 40 ans après la "révolution sexuelle" , n'ont guère profité du petit vent de liberté qui souffle pourtant pas loin à Austin. Car à Austin D. Barrymore me
t en scène des femmes libres, épanouïes, travailleuses, heureuses et parfois mères (ce qui ne semble pas tout à fait incompatible). Il est sans cesse question ici de parvenir à sortir de sa condition de femmes, de jeunes et de bouseu-x-ses; quelque soit le moyen il faut parvenir à atteindre le Bliss. La meilleur amie de Bliss suivra le chemin classique de la bonne fille fortiche au lycée tout droit vers Columbia University. Cependant, pour une fois la voie du plaisir et des envies n'est pas un cul de sac et cela est très rare dans un cinéma américain souvent prompt à la moralisation, Bliss ne se retrouvera pas le bec dans l'eau. Ce n'est le seul cliché cinématographique que brise le film, dont le scénario fut adapté de son propre roman par Shauna Cross, pour une fois ce n'est pas la réussite et la victoire qui est la fin du récit mais bien l'accomplissement personnel et le dépassement de soi.
Alors Bliss, un film féministe? Certainement.
Enfin, et ce n'est pas négligeable c'est aussi un bon film. Un film qui donne la pêche, sur une bande son tonitruante, porté par une tripotée d'actrices plus mordantes les unes que les autres à commencer par Juliette Lewis et Zoë Bell (spécialiste des films avec des filles qui en veulent puisqu'elle incarnait une des cascadeuses de Death Proof : Boulevard de la mort de Quentin Tarantino). Drew Barrymore signe pour ce premier film un petit coup de maître, réussisant un film pop, qui parvient à brosser le portrait d'une femme en devenir, issue d'une classe populaire sans mépris et avec l'enthousiasme comme seule boussole. Un exploit innenvisageable dans le cinéma français.
18:38 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : whip it, bliss, drew barrymore, féministe, féminisme, empowerment



