10.05.2010
Pour en finir avec les victimes : to be proud
The Victim, c’est un film britannique de Basil Dearden sorti en 1961. Avec Dirk Bogarde. OK ça n’a pas l’air folichon dit comme ça. Si son casting, sa mise en scène et son titre sont tout ce qu’il y a de plus classique pour un film noir de cette époque, son sujet par contre l’est beaucoup moins. En effet, ce film cible frontalement la loi qui pénalisait l’homosexualité au Royaume-Uni, et à l’époque c’était une gageure. De manière courageuse, le réalisateur dénonce l’hypocrisie qui fait des homosexuels les proies idéales pour des maîtres-chanteurs, sur le mode « je sais, tu paies ou bien c’est la prison, la honte et la marginalité ».
Ce film va marquer fortement le mouvement homosexuel anglais, qui obtiendra la dépénalisation de l’homosexualité dès 1967. Alors qu’en France pendant ce temps rien de comparable n’a lieu, les association « homophiles » n’ont aucune influence sur le plan politique. Ce n’est que dans les années 1970 que le mouvement LGBT prend son ampleur et se rend visible dans le mouvement social grâce entre autre au Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire. Très peu de films de fiction osent alors accompagner ce mouvement (Carole Rossopoulos témoigne cependant de cette activité grâce à ces documentaires http://www.carole-roussopoulos.com), l’homosexualité est soit un non-dit douloureux ou bien « tolérée » si et seulement si elle s’exprime au travers d’une exubérance comique ; à ce titre La Cage au folle pèse durablement et funestement sur l’image des pédés.
Ainsi, il faut attendre jusqu’en 1982 pour que l’homosexualité soit dépénalisée en France, et c’est seulement à cette date que sort le film de Patrice Cherreau, L’Homme blessé, le premier film à ma connaissance mettant ouvertement en scène des homos dans un film grand public.
13:42 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the victim, bogarde, lgbti, lgbt, homophobie, loi, criminalisation



